Nara

Suite et fin de notre petit périple nippon. Nous laissons la belle ville de Kyoto derrière nous pour visiter Osaka avant le retour inéluctable à la maison. Nous retournons à la gare de bonne heure pour prendre un train régional.

Nous profitons de ce trajet pour faire une petite halte dans la ville de Nara. Arrivés à la gare nous laissons une nouvelle fois nos bagages dans les consignes afin de pouvoir nous déplacer plus facilement à Nara. Visiter les temples avec des valises (boulets) de 20 kilos à transporter toute la journée, c’est une perspective qui ne nous enchante que moyennement J.

Si nous avons choisi de visiter Nara, c’est qu’en plus d’avoir des temples magnifiques, la petite particularité de cet endroit est d’avoir des centaines de biches et de cerfs qui se baladent en liberté. Ces animaux sont en relation avec une divinité locale et étaient considérés très longtemps comme des animaux sacrés. Aujourd’hui leur statut a évolué, ils sont désormais des trésors du patrimoine et à ce titre, ils peuvent déambuler librement. Il n’est d’ailleurs pas rare d’en voir rentrer dans les enceintes sacrées. Pas farouches, ils se laissent aisément approcher. Pour l’équivalent d’un euro vous pouvez même acheter des petites galettes, les « shika senbei », des crackers non sucrés, non salés. L’endroit parfait pour les familles avec de jeunes enfants.

Depuis la gare de Nara, on peut aisément accéder à l’ensemble des sites à pied. Après 10 minutes de marche, on voit nos premières biches. Une petite pause photo s’impose même si au final nous allons en croiser toute la journée.

Après cette première rencontre avec la faune locale, nous nous dirigeons vers le temple Todai-ji. Nous restons de longues minutes à observer cette impressionnante structure en bois qui renferme une statue géante de bouddha, bien gardée par d’autres immenses statues, mais en bois cette fois-ci. Je reste assez admiratif face aux détails des sculptures mais après 10 jours au Japon, je dois bien avouer que ce point ne me surprend plus. Jamais je n’ai visité de pays qui pousse le sens du détail et de la perfection aussi loin. La réputation de l’île n’est pas usurpée et on retrouve cet aspect dans tous les domaines.

Le temps pour nous de visiter les abords du temple et il est déjà midi, l’occasion de tester les stands de restauration, les « Yatai » que nous avons croisés tout au long du séjour. La traduction de Yatai est tout simplement, échoppe ambulante. Ici on déguste tempuras, yakitoris, takoyaki et autres spécialités culinaires japonaises… confortablement installés à l’ombre des arbres du parc tout en admirant les allées et venues des cerfs et biches qui nous entourent.

Il aura fallu attendre la fin de séjour pour trouver un bassin avec des carpes Koi, je pensais en voir un peu plus :p

Nous décidons ensuite de pousser la visite un peu plus loin, les temples et sanctuaires sont disséminés sur des kilomètres. Il est clairement impossible de tout visiter en une journée. Du coup, c’est un peu au feeling que nous abordons le reste de la journée, on marche vers la forêt non loin du temple Todai-ji pour remonter de longues allées ombragées et nous laisser surprendre par ce que nous allons croiser sur notre chemin. La fraicheur des lieux est la bienvenue, le soleil est de sortie depuis plusieurs jours et les températures grimpent jusqu’à 25 °C. Pour un début avril, c’est pas mal J.

Nous profitons de la baisse du nombre de touristes pour nous rapprocher d’un groupe de biches et de faons et distribuer quelques galettes restantes. Nous sommes alors très surpris de voir que les biches, à la manière des Japonais, inclinent la tête pour nous saluer… Non, non, nous ne sommes pas devenus fous et n’avons pas abusé de saké. Simplement à force d’être en contact avec les humains, certains animaux ont appris ce petit tour. Pour eux incliner la tête signifie récompense et donc galette.

En continuant sur ces chemins ombragés, nous finissons par tomber sur le temple de Kasuga Taisha. Un sanctuaire au cœur de la forêt constitué de milliers de lanternes en pierre, avec les biches qui se promènent, nul besoin de vous dire que ce lieu est d’une beauté rare. Un de mes endroits préférés sans aucun doute.

En février, les milliers de lanternes sont illuminées le soir, faisant prendre une nouvelle dimension à ce lieu déjà si singulier. Cela me donne envie de revenir rien que pour ça !!!

Nous explorons les lieux dans les moindres recoins quand la poulette me fait remarquer que le temps passe et que nous devrions revenir vers la gare pour reprendre la route vers Osaka. C’est en traînant les pieds que nous rebroussons chemin. Nara est définitivement une belle surprise, avec le recul il aurait été vraiment dommage de ne pas découvrir cet endroit.

Nous arrivons à Osaka en fin de journée, après quelques minutes de métro nous arrivons à notre appartement. On retrouve ici une ville plus moderne avec des immeubles qui s’étirent vers le ciel.

Osaka jour 1 :

Un réveil un peu plus tardif que les autres jours, il faut dire que les kilomètres s’accumulent depuis notre arrivée au Japon et ce n’est pas notre visite de la veille à Nara qui aura fait baisser la moyenne bien au contraire. Un peu plus de repos est donc bienvenu. Autour d’un bon petit déjeuner nous établissons le plan d’action pour la journée J.

C’est presque devenu une habitude mais quand nous arrivons dans une grande ville, nous aimons prendre un peu de hauteur, histoire d’avoir une autre perspective sur la ville. Osaka ne déroge donc pas à la règle, notre première visite se fera à la tour Umeda

Sky building qui culmine à 173m. La particularité de cet immeuble est pour moi ses escalators qui vous amènent d’une tour à l’autre, perchés à 150m au-dessus du sol. Nous avons fait la visite de jour mais la nuit avec les buildings éclairés, le paysage urbain doit être encore plus impressionnant.

Nous continuons la visite par le quartier d’Umeda où poussent comme des champignons des buildings à l’architecture vraiment étonnante.

J’aurais pu passer la journée à entière à photographier les buildings d’Osaka

L’endroit est très animé et pour cause, on y trouve des centaines de boutiques et restaurants. Nous ne résistons d’ailleurs pas longtemps, dans le coin d’une rue, un restaurant de sushis me fait de l’œil. Après l’excellente première expérience aux abords du marché aux poissons de Tokyo, il était quasi impossible pour moi de repartir sans tenter à nouveau l’expérience.

On nous installe à une table en nous donnant la carte, jusqu’ici rien de bien étonnant sauf qu’on va attendre de longues, très longues minutes notre serveur pour la prise de commande. On commence à s’interroger, des clients pourtant arrivés après nous sont déjà servis. J’essaye d’interpeller des serveurs avec de grands gestes mais rien n’y fait… Au moment où on commence à désespérer, je m’aperçois que sur le bout de la table, trône une sorte de petit caillou avec le numéro de la table dessus. Là me vient un flash, et si ce petit caillou était en fait une sonnette ? Dans un mouvement de dernier espoir, je tente donc d’appuyer dessus et là miracle. … Quelques secondes après, une charmante serveuse en costume fait son apparition…Sauvés !!! JJJ

Commande passée, honneur préservé J. Tout va bien donc et voilà encore une petite anecdote de voyage à raconter au retour et sur le blog J.

Pour le reste, je suis bien content d’avoir finalement pu commander. La différence de goût et de qualité entre les sushis que vous pouvez retrouver en France et ici, est égale à la différence de présentation, je vous laisse seuls juges avec ces deux platsJ. Rien que d’y repenser, j’en ai l’eau à la boucheJ.

Après ce petit intermède culinaire, reprise des visites sous une chaleur écrasante. On décide de marcher jusqu’au château d’Osaka, encore quelques kilomètres supplémentaires J. On découvre Osaka à travers ces petites rues.

Une fois sur place, nous sommes impressionnés par ce très beau château qui domine les environs. On reste de longues minutes à admirer son architecture, ses remparts, confortablement installés à l’ombre des arbres qui l’entourent.

Petit regret tout de même, la fatigue et la longue file d’attente auront eu raison de notre envie de visite, nous nous contenterons cette fois-ci des extérieurs en espérant un jour avoir la chance de pouvoir découvrir l’intérieur.

Nous repartons alors vers l’appartement histoire de nous reposer un peu avant de continuer vers Dōtonbori. C’est une rue qui longe le canal du même nom. En sortant du métro on reste scotché par la quantité d’écrans et de sources lumineuses. On a l’impression de se promener à Times Square, ici il ne fait jamais vraiment nuit. En marchant le long du canal, on s’aperçoit du nombre de restaurants et de bars installés dans la rue. C’est l’endroit idéal pour sortir le soir.

On s’amuse de la décoration des restaurants, des immenses enseignes géantes en forme de dragons, poissons ou sushis. C’est un peu kitsch mais c’est aussi ça qui a fait la réputation de cette rue. La nuit venue, on a l’impression qu’une grande partie de la ville se donne rendez-vous dans ce coin qui ressemble à une vraie fourmilière.

Pour retrouver un peu de calme, on s’installe dans un bar en hauteur avec vue imprenable sur le canal. L’occasion de goûter les fameux whiskies japonais. En échangeant quelques mots avec le barman, il me conseille et me fait découvrir celui qui est le plus mythique pour les Japonais, le Yamazaki. Si vous êtes amateurs, ne passez pas à côté 🙂 surtout que les whiskies japonais sont victimes de leur succès, la demande explose et la production reste faible, du coup, les bouteilles deviennent très rares.

Pour continuer dans la gastronomie locale, en plus des sushis et du whisky, s’il y a bien un met que nous voulions absolument goûter, c’est le fameux bœuf de Kobé. Mondialement réputé et introuvable en dehors du Japon. Les gourmands que nous sommes ne pouvaient pas passer à côté de l’expérience. Je parle d’expérience car ce n’est pas qu’un simple plat, c’est tout un cérémonial qui va avec.

Nous décidons donc de nous faire plaisir pour ce dernier soir au Japon. L’avion du retour nous attend déjà demain soir….On veut donc finir en beauté le séjour. Nous choisissons le restaurant en fonction des avis sur Internet histoire de ne pas se tromper, certains restaurants font passer du bœuf Wagyu pour du bœuf de Kobé !!! Alors quitte à payer cher, on voulait quand même goûter un morceau du vrai mythe !! Arrivés sur place, on nous installe dans une petite salle et on nous présente le chef qui va cuisiner pour nous.

Il commence par nous présenter la carte en nous expliquant les différentes variétés. Vous pouvez alors choisir votre morceau de viande et sa taille. La fourchette des prix est déjà conséquente allant du morceau de 100 grammes à 25 € jusqu’aux pièces d’exception à plus de 1000 €.

Une fois la pièce de bœuf choisie, on vous la présente avec son certificat d’authenticité. Commence alors le petit « show » sur la plaque de cuisson. Quelques petits amuse-bouches pour nous mettre en appétit puis vient le moment de la cuisson de la viande. Rien n’est laissé au hasard, les gestes sont précis, il faut respecter la viande au maximum, le chef s’agite toujours sous le contrôle du chef de salle qui veille.

Au moment de la dégustation, on se régale, la viande est extrêmement tendre et gouteuse, pour ma part, je n’ai jamais mangé une viande aussi tendre. Le chef la coupe en petit dès ce qui permet de l’apprécier par petites bouchées. Un délice jusqu’au dernier morceau !!! Par gourmandise j’aurais bien aimé reprendre un morceau mais il faut savoir rester raisonnable.

Une expérience que nous n’oublierons pas et que nous recommandons vivement lors d’un passage au Japon.

Pour terminer cette journée, on déambule dans le quartier de Namba afin de s’imprégner un peu plus de l’atmosphère d’Osaka. Contrairement au côté très carré et rangé de Tokyo, je trouve que la ville à un côté un peu plus « occidental ». Ce n’est d’ailleurs peut-être pas pour rien que les circuits touristiques commencent en grande partie à Osaka avant de finir à Tokyo, pour aller crescendo dans l’immersion au Japon.

De retour à l’appartement, alors que nous étions en train de préparer les valises, nous apprenons que notre avion prévu le lendemain est annulé pour cause de grève en France !!!Si vous voyagez souvent, vous serez forcément, un jour ou l’autre confronté à ce genre de problème. On essaye donc de le prendre avec philosophie, sans stress. Après tout, ça nous fera un jour de plus sur place. Le seul petit bémol, c’est que nous devons trouver en catastrophe un nouveau logement pour demain soir, notre appartement étant réservé pour le lendemain, nous ne pourrons pas y rester plus longtemps que prévu !!!!

Osaka jour 2

Bien décidés à profiter à fond du temps supplémentaire que nous avons au Japon après ce vol annulé, nous partons à la découverte du temple Shumiyoshi Taisha qui sera le dernier temple de notre séjour. Un peu à l’écart du centre d’Osaka, nous prenons donc le métro quelques minutes avant une balade de 20min dans les petites rues du quartier.

Une fois arrivé, je dois dire que c’est avec un brin de nostalgie que nous débutons la visite. On traine de longues minutes à l’ombre d’un magnifique cerisier planté à l’entrée du temple en essayant de garder le maximum de détails en mémoire.

En entrant dans l’enceinte du temple, nous tombons sur une cérémonie en cours, sans guide, il est difficile pour nous de comprendre ce qui se passe. Ceux qui assistent à cette cérémonie sont tous en costumes traditionnels. Tout est fait avec une grande solennité.

On essaye de comprendre ce qui est en train de se passer sous nos yeux mais nous ne pouvons faire que des suppositions. On laisse donc la cérémonie se dérouler pour continuer la visite du temple.

L’arroseur arrosé 🙂

Avant de ressortir du temple, nous croisons par hasard un petit groupe de Français avec un guide. L’occasion est trop belle pour passer à côté, on s’arrête pour demander quelques explications. On apprendra finalement que toute cette cérémonie a pour but de favoriser la pousse de deux arbres qui seront plantés plus tard dans la journée. Un bel exemple de la croyance et de la philosophie nippone.

En ressortant du temple, on en profite pour emprunter un magnifique pont en arche.

Nous retournons ensuite à Dōtonbori pour visiter l’endroit de jour. L’occasion d’admirer plus en détails la multitude de décorations qui ornent les murs des façades. C’est simple, on ne sait pas où regarder. L’occasion pour moi de revenir sur un autre élément que vous ne pouvez pas manquer lors d’un voyage au Japon. Les vitrines des restaurants où sont exposées les répliques en plastique des plats que vous pourrez retrouver à l’intérieur. Appelée le « Sampuru », cette technique est élevée au rang d’art. Elle imite à la perfection les aliments ainsi que la présentation des plats. Du coup, ces pièces sont réalisées sur mesure pour chaque restaurant. Je dois dire que cela facilite grandement le choix quand l’heure du repas a sonné. Pas besoin de comprendre le japonais pour savoir ce que vous allez commander.

Un peu de shopping voilà comment se termine cette journée avant de repartir vers la gare. On a finalement trouvé un hôtel non loin de l’aéroport mais très excentré par rapport au centre-ville. On laisse donc Osaka derrière nous pour passer une dernière soirée tranquille dans la banlieue.

Pour la dernière journée, on a décidé de finir notre séjour à la « cool », deux semaines de marche quotidienne, ce n’était pas de tout repos. On décide alors de rester proche de l’hôtel et de visiter l’aquarium d’Osaka. Cette visite n’était pas prévue mais puisqu’on nous offre quelques heures supplémentaires, ce n’est pas pour s’enfermer dans la chambre. 3h de visite, c’est pile ce qu’il nous fallait avant de plier bagages. Cette fois, l’avion est bien au rendez-vous. La fin des vacances est arrivée.

Fin du séjour

L’occasion pour nous de tirer le bilan de cette expérience incroyable. On comprend désormais mieux pourquoi certains ne rêvent que de ce pays. Paysage, culture, restauration, tout nous aura transporté et c’est finalement bien ce qu’on recherche quand on part en voyage. Des cerisiers en fleurs par milliers dans les villes, au décor de carte postale qu’offre le Mont Fuji sans oublier la balade dans la forêt de bambous de Kyoto. Cette première rencontre avec le Japon m’aura donné envie d’y revenir pour visiter le Mont Koyasan, Okinawa ou les iles du sud etc… Bref de pousser l’exploration encore plus loin et peut–être durant une autre saison, pourquoi pas en automne pour voir le pays sous d’autres couleurs encore. Mais pour une première visite, il ne faut pas louper le spectacle de la floraison des cerisiers, c’est quelque chose d’unique !!!

Pour le circuit, nous n’avons pas pris beaucoup de risques, Tokyo, Kyoto et Osaka, c’est le package « classique » et à juste titre. Si c’était à refaire, je ne changerai rien sauf peut-être passer la nuit au Mont Fuji. J’aurais aimé pouvoir voir le soleil se coucher et s’y lever.

On se rappellera encore longtemps de la gentillesse et de la bienveillance des locaux à notre égard, d’un savoir vivre unique basé sur le respect de l’autre où l’on peut se déplacer en toute sérénité et sécurité. Et que dire de la gastronomie locale, un gros coup de cœur pour moi, tempuras, yakitoris et autres sushis… J

 

Un pays riche en contraste entre modernité et respect des traditions, un dépaysement total dans un pays développé. Bref, vous l’aurez compris on a adoré ce voyage qui restera un de nos préférés !!!! Sayonara Japon