Bien choisir son objectif – 1ère partie 

 

Vous avez trouvé l’appareil de vos rêves mais vous vous demandez désormais quel objectif utiliser ? Vous en avez assez de la qualité médiocre de l’objectif vendu en kit ? Ou vous êtes tout simplement perdu face à la grande quantité d’objectifs sur le marché ?

Voici quelques conseils pour votre future acquisition. Vous allez voir, après avoir lu cet article, les choses seront bien plus claires. Mais je préfère vous prévenir tout de suite, après cette lecture, vous ne pourrez plus pester sur votre matériel pour expliquer des photos ratées JJ

On ne le répétera jamais assez, un appareil, c’est bien !!! Mais il vaut mieux partir sur un boitier un peu plus modeste et vous faire plaisir sur l’objectif. Un appareil est un équipement « périssable », que vous remplacez après quelque temps. Ne parlons pas de sa valeur qui peut chuter rapidement. Alors qu’un objectif est un achat sur le long terme qui vous accompagnera pendant de très longues années… A condition bien sûr d’en prendre soin (au pire il pourra toujours vous servir de presse papier de luxe 🙂 ).

Dans la 1ère partie, je vais reprendre avec vous tout ce qu’il y a à savoir sur un objectif.

Tout d’abord parlons un peu technique :

Dans le jargon de la photo, il y a plusieurs façons d’appeler un objectif. Un « cul de bouteille » pour des objectifs moyens voire mauvais et un « caillou » pour un objectif de qualité. Alors attention, si vous croisez un groupe de photographes sauvages et que vous voulez vous intégrer au groupe, ne confondez pas les deux, ne dites pas aux amateurs passionnés qu’ils possèdent des sacrés « culs de bouteille », votre sécurité risquerait d’être mise en péril. Oui, le photographe amateur ou pro est très fier de son matériel, vous voilà prévenu J.

Nous ne sommes pas sur un forum d’ingénierie, mais pour celles et ceux qui se demandent à quoi ressemble l’intérieur d’un objectif, le schéma ci-dessous est un bon exemple pour comprendre qu’un caillou est très technique et n’est pas composé que de simples morceaux de verre. Pour les plus curieux d’entre vous, ce lien vous amènera vers des images d’un appareil Nikon et de son objectif, coupé en deux.

 

Nikon-24-70mm-f2.8-patent-with-Phase-Fresnel-diffractive-lens-550x352

Pour les plus curieux d’entre vous, ce lien vous amènera vers des images d’un appareil Nikon et de son objectif, coupé en deux.

Nikon D3 Cut In Half

Objectif : détails

Commençons par vous expliquer les éléments à prendre en compte lors de la prise en main d’un objectif, vous pouvez voir différents chiffres, sur la face avant et sur le côté. Ces chiffres permettent de différencier l’objectif.

BlogImage

Ici, 24-70mm représente la plage focale couverte par cet objectif. Ce qui veut dire que ce dernier est un zoom manuel (on tourne la bague à la main) allant de la distance focale 24mm (grand angle) à 70mm. En quelques mots, la distance focale fonctionne comme un champ de vision, plus le chiffre est petit, par exemple 20mm, plus l’angle de champ est important ici 94°, à l’inverse plus ce chiffre est grand 400mm, plus l’angle de champ se réduit, dans ce cas 6°. Et puisque il est toujour

s plus facile de comprendre en image, voilà un petit schéma expliquant ce phénomène.

schema-angle

Dans notre exemple : 24-70mm, on dit de cet objectif que c’est un zoom car vous pouvez choisir votre distance focale en tournant une bague de zoom. Ce type d’objectif est le plus répandu car plus pratique à utiliser. Vous pouvez passer de 24mm à 70mm en une seconde sans devoir vous approcher du sujet. L’alternative à ces zooms est la focale fixe. Ici, le zoom, c’est vous et plus particulièrement vos pieds, vous allez devoir avancer ou reculer pour trouver la distance parfaite. Dit comme ça, on pe

ut croire que les focales fixes sont moins intéressantes que les zooms, mais ils offrent d’autres avantages. La qualité des photos est souvent meilleure avec une focale fixe et le fait de bouger développe votre pratique photographique en renforçant votre œil et le travail sur le cadrage. Vous l’aurez très certainement compris, il n’y a pas de solution parfaite, vous pouvez prendre un zoom pour sa polyvalence ou une focale fixe pour le gain de qualité photo.

La plage focale est importante en fonction du type de photo que vous souhaitez réaliser. Pour prendre un paysage lors de vos vacances, il vaut mieux s’équiper d’un 24mm qui vous permettra d’avoir un champ de vision plus large, à l’inverse si vous voulez prendre des photos d’oiseaux, vous aurez besoin d’un objectif avec une focale plus longue (400mm – 500mm, etc) vous permettant de bien mettre en valeur votre sujet.

Pour du portrait, il faut privilégier les focales comprises entre 50 et 135mm. La raison est simple : si vous prenez un portrait au grand angle, vous allez déformer votre modèle (avouez que ça serait quand même dommage de se fâcher avec belle-maman si sa photo prise avec votre objectif grand angle lui déforme le visage en lui agrandissant le nez – Oui je suis pour la paix des ménages J ). Au contraire, si vous prenez un portrait au 400mm, vous allez complètement aplatir le visage du sujet et vous serez physiquement loin de lui, pour échanger avec son modèle, on aura connu mieux.

Le saviez-vous ?

On dit généralement que la focale qui se rapproche le plus de l’œil humain est 42mm.

L’ouverture 

Ici, 1 : 2.8

Ce qui correspond à l’ouverture de l’objectif. On dit que son ouverture maximale est de F/2.8. L’ouverture permet de capter la lumière ambiante lors de la prise de vue. Plus l’ouverture de l’objectif est grand, type F/1.4, plus il sera possible de prendre des photos dans des environnements mal éclairés (ex : photos en intérieur, soirées, etc… ). C’est le diaphragme qui détermine l’ouverture. Mais vous allez me dire, qu’est-ce qu’un diaphragme ? Comparé à l’œil humain, c’est la pupille qui se dilate dans la pénombre ou qui se contracte en cas de fort soleil, le fonctionnement est le même pour votre appareil photo.

ouverturediaphragme._CB156429836_

Mais ce n’est pas tout, l’ouverture permet de déterminer la profondeur de netteté de votre photo. Comme toujours un exemple est plus parlant : alors, si vous voulez prendre une photo de paysage, dans la plupart des cas, toute l’image doit être bien nette (premier plan et deuxième plan), pour ce faire, vous devez fermer le diaphragme de votre objectif à F/11. A l’inverse, si vous avez besoin de faire ressortir votre sujet afin qu’il soit net par rapport au reste de la photo, il faudra faire l’inverse, ouvrir le diaphragme à F/2 voire plus. Comme vous pouvez vous en douter, c’est sur ce point que les objectifs se différencient. Un objectif vendu en kit (généralement moyen), va avoir une ouverture maximale comprise entre F/3,5 et F/4,5, et cela fait une belle différence pour vos photos et la création de bokeh (flou d’arrière plan) Les photos ci-dessous vous montrent cette différence en fonction des ouvertures.

J’ai commencé par prendre une photo à F/1.4 soit avec une très grande ouverture. On peut voir sur la photo que le sujet est bien détaché du fond, la zone de netteté est extrêmement réduite. Il y a aujourd’hui une vraie tendance pour les photos à pleine ouverture, beaucoup de photographes pro et amateurs se laissent tenter par cet aspect doux donné à l’image.

Photo prise à F1,4

La deuxième photo est prise à F/4,5 , on voit très clairement que la zone de netteté est plus importante que sur la première photo.

Photo à F4,5

A F/8, on accentue encore cet effet, la zone de netteté est plus grande mais le cactus se détache moins de la photo.

Photo à F/8

Autre point à prendre en considération, un objectif est toujours moins performant à pleine ouverture. Pour atteindre la meilleure qualité photo possible, il faut « fermer » le diaphragme. Pour la plupart des objectifs, vous obtiendrez une qualité d’image optimale entre F/5,6 et F/8, mais cela ne veut pas forcément dire que vous deviez rester dans ces valeurs pour toutes vos photos.

Vous l’aurez donc compris, plus l’ouverture de votre objectif est grande, plus vous aurez de possibilités créatives en jouant sur le flou d’arrière-plan pour mettre votre sujet en avant. L’inconvénient c’est qu’une grande ouverture se paye à la caisse… On a rien sans rien L

Des informations complémentaires 

Vous pouvez le voir sur la photo, après la plage focale et l’ouverture, on distingue une lettre « L ». C’est un signe propre aux différentes marques, dans ce cas le « L » indique que cet appareil appartient à la gamme professionnelle de chez Canon. Marketing oblige, chaque marque à ses propres codes. DX et FX chez Nikon, DG et DC chez Sigma, etc… Certains objectifs ne sont pas compatibles avec l’ensemble des appareils, il faudra vous renseigner avant achat.

Filetage 

Ici : 77mm

BlogImage1

Cette indication permet de connaître le diamètre de fixation du filtre qui peut être vissé sur votre objectif. En photographie, les filtres permettent d’apporter un effet particulier à vos photos. D’ailleurs certains de ces effets sont difficiles à reproduire en post traitement et puis il est toujours plus intéressant de soigner sa photo à la prise de vue que sur un logiciel de retouche.

C’est le cas pour le filtre polarisant qui booste les couleurs et qui permet d’atténuer les reflets (notamment les reflets sur la surface de l’eau). Ce type de filtre est très utilisé par les photographes de paysage.

Le filtre N/D : Filtre à densité neutre. Ce filtre réduit la quantité de lumière qui rentre dans l’appareil, permettant d’avoir des temps de pose de plusieurs secondes. Plusieurs utilisations sont possibles, donner une impression de filé dans les nuages, créer une mer sans vagues, etc.

Il existe bien sûr d’autres filtres, mais pour moi, ces deux ressortent clairement du lot.

D’autres évoqueront les filtres UV. Mais ne vous laissez pas abuser par leur nom, ces filtres ne servent que pour une chose : protéger votre lentille frontale des rayures et petits chocs. Comme souvent en photo, il y a les pro et les anti, à vous de choisir votre camp. Mais pour ne pas impacter la qualité finale de vos photos, je vous conseille de vous tourner vers des filtres de bonne qualité. Voilà pour ce petit aparté « filtres ».

 

Sélection AF/MF

BlogImage2

Ce petit sélecteur permet tout simplement d’activer l’autofocus de votre objectif (en d’autre termes, dès que vous appuyez sur le déclencheur de l’appareil, ce dernier va faire la mise au point pour vous).

En mode MF, ça se complique. Ici plus d’assistance, pour faire la mise au point, vous ne pouvez compter que sur vous. Pour ce faire, vous devez tourner la bague de mise au point de votre objectif, tout se fait donc à l’œil et ce n’est pas toujours évident de juger dans le viseur si votre photo sera floue ou bien nette. Pour ceux qui ont connu l’argentique, la méthode est bien connue puisque les objectifs n’étaient pas motorisés. Par contre, il était bien plus facile de faire la mise au point sur un appareil argentique car les viseurs télémétriques étaient de meilleure qualité. La mise au point s’effectuait lorsque les 2 images de la petite zone, au centre du viseur, coïncidaient.

Sur un réflex numérique, je recommande donc d’utiliser l’AF (sauf pour des cas précis), vous aurez bien plus de chance de réussir votre photo, surtout si votre sujet est en mouvement. Après tout, la motorisation d’un objectif impacte le prix global. Vous avez payé pour cette « option », alors pourquoi s’en priver ?

 

Stabilisation

Sur certains objectifs, à côté du sélecteur d’autofocus, vous trouverez un sélecteur de stabilisation. Sans rentrer dans les détails, ce dispositif permet d’éviter les flous, de bouger. Très pratique sur des téléobjectifs ou pour ceux qui pensent avoir la tremblote :p

Petit truc : si vous utilisez votre appareil sur un trépied, pensez à retirer la stabilisation. Bizarrement, votre stabilisation n’aime pas du tout quand votre appareil est parfaitement stable…

Distance de mise au point 

Encore une fois, cette indication n’est pas présente sur tous les objectifs. Elle vous permet de connaître la distance minimale de mise au point (distance entre votre objectif et le sujet). Dans cet exemple, on peut voir 0,38m

Si on résume l’article, on pourrait penser que le must serait d’avoir un objectif 8-1500mm (pour pouvoir couvrir tous les besoins en photo) une ouverture à F/1.0 (afin de pouvoir shooter dans un environnement sombre et avoir une zone de netteté réduite). C’est évidemment le rêve de beaucoup de photographes, malheureusement, cet objectif n’existe pas et si c’était le cas, il vous faudrait vendre reins, bras … (enfin…tout quoi ;p) pour pouvoir vous l’offrir tant il serait onéreux. Rassurez-vous, il existe bien des alternatives abordables, il faut simplement faire des compromis en sachant que l’objectif parfait n’existe pas.

J’espère que ces éléments vous donneront une piste dans vos recherches. Cette première partie avait pour but de vous présenter les objectifs afin de démystifier les codes de ce milieu technique. Dans la deuxième partie de l’article, nous verrons comment choisir l’objectif en fonction de vos besoins.